La Mauritanie est un trait d’union entre l’Afrique du nord et l’Afrique noire. On y rencontre alors autant d’Arabo-berbères que de Négro-africains. Même si la Mauritanie est un pays des plus riches d’Afrique de l’ouest, la pauvreté est omniprésente. J’ai rencontré une autre cyclo, Cathy, avec qui pendant près d’un mois, nous avons fait route ensemble. Nous avons passé les 2 premières semaines à Nouadhibou. Ville sans grand intérêt mais nous avons « essayé » de participer à l’éveil d’adolescents en difficultés scolaires ainsi qu’à occuper des plus jeunes pendant leur pause déjeuner. Cette première expérience n’a pas été très probante mais elle m’a permis d’avoir une première approche et une certaine réflexion pour la suite de mes missions humanitaires. Temps forts en Mauritanie Le parc National du Banc d’Arguin Après ces 2 semaines, nous sommes partis 10 jours dans le Parc National du Banc d’Arguin, site inscrit au Patrimoine mondial de l’Unesco. J’y ai admiré des paysages magnifiques, mariage du désert avec ses dunes et la mer. J’y ai rencontré des milliers d’oiseaux, cormorans, flamands roses, pélicans, etc… venus d’Europe et de Sibérie et qui viennent migrer ici. J’ai vu cette superbe danse des dauphins, qui faisaient leurs sauts du soir sous mes yeux ; MOMENT EXCEPTIONNEL !!! j’ai passé des fabuleux moments dans ces petits villages pêcheurs, coupés du monde, sans eau et électricité ; Quels moments et rencontres exceptionnels !!! Certes, avec Cathy, nous en avons bavé à pousser les vélos dans le sable, avec bien souvent la tempête et des températures dépassant les 46 degrés mais quels moments inoubliables, tout comme cette nuit passée à la belle étoile en plein désert car nous n’avons pas pu rejoindre un village, épuisé. Cathy, à repris sa route, elle est partie vers le Sénégal directement, et moi je prends le plus grand train du monde (200 wagons pour 2 km de long) pour rentrer dans les terres et visiter la région de l’ADRAR. Un voyage inoubliable…avec l’un des trains le plus long et le plus lent du monde, « le train du minerai » J’ai quitté Nouadhibou en prenant ce train mythique ; 2 km de long, 200 wagons dont seulement 2 wagons voyageurs ; la plupart des voyageurs voyagent dans les autres wagons de minerai, vides dans ce sens, et gratuitement, mais ils arrivent dans des états de propreté... J’ai donc voyagé dans un des deux wagons voyageurs, certes en payant, mais le voyage aura vraiment été un moment de plaisir et une aventure inoubliable. Il y avait également d’autre jeunes touristes, 2 américaines, et 3 italiens qui s’étaient regroupés, mais moi, je préférais me mélanger avec les autochtones, et au bout de quelques minutes seulement de voyage, j’étais invité à boire le thé dans les 2 wagons. Eh oui, bien sûr qu’il y avait le thé à bord ; dans le couloir, les gens faisaient même leur propre cuisine sur les réchauds. Malheureusement, le train donnait parfois de sérieuses secousses qui faisaient renverser sur le sol la casserole de spaghettis ou la théière et les verres remplis. Parti à 16H00, je suis arrivé à Choum, 458 km plus loin à 3H30 du matin ; mais peu importe, j’ai le temps… et quel voyage inoubliable ! La magie du désert Dans la très belle ville de Chinguetti malheureusement menacée d’ensablement puisqu’elle est à la porte du désert de dunes, je suis parti seul, en marchant dans ce désert de dunes pendant 3 heures. Certes, j’ai eu très chaud et il a été difficile de gravir les dunes de sable brûlant, mais quel spectacle ! et quel moment magique ! seul, au milieu de ce désert de sable et de dunes ; pas un bruit, le silence total, que du sable et des dunes aux formes toutes différentes. La perfection et la beauté avec des couleurs de dégradé orangé, SUPERBE. L’invitation à un mariage mauritanien A Ouadane, il y avait un mariage. Dans ce village comme dans la plupart des villages en Mauritanie, les mariages durent 3 jours et tous les habitants du village sont invités à faire ou à être présent à la fête. J’hébergeais dans un des campements du village et, accompagné du personnel du campement, je suis allé à l’une des ces soirées. J’étais habillé en boubou, habit mauritanien prêté par un gars du campement ; avec mon teint bronzé, on me prenait sans problème pour un mauritanien. Un grand plat de spaghettis accompagné de viande attendait tous les gens du village dans lequel nous mangions tous, de la main droite bien sûr. Puis les musiciens commençaient leur récital de musique mauritanienne et tous les gens venaient danser au milieu d’une piste de danse. Les non danseurs étaient autour de cette piste et tapaient dans les mains. Quelle ambiance ! A minuit, la soirée était terminée, pour cette fois, car demain sera une autre journée de fête dans le village où bien sûr, tous les gens du village seront à nouveau les bienvenus. La région de l’Adra Superbe paysage de montagnes si particulières au milieu de ce désert de sable ; montagnes de roches noires aux sommets non pas arrondies mais aux angles presque droits. Puis ces superbes oasis dont celui de Terjit où j’ai passé un après-midi dans un vrai petit paradis, palmiers, cascade, piscine naturelle, tente pour le farniente puis la fraîcheur bien sûr. En juillet ou août, cet oasis est en effervescence car c’est l’époque des dattes, dont de la fête de la « Guetna ». Une étape interminable – 116 km sous 42 ° à l’ombre Il y a des jours où les étapes sont longues. Celle-ci était interminable et sous 42 degré à l’ombre. Je partais très tôt le matin de la splendide oasis de Terjit pour profiter de la relative fraîcheur du matin (déjà 28 degré à 6H00). Je savais que la route sur laquelle je roulais aujourd’hui était déserte, sans villages, mais déserte à ce point… A 12H30, je pédalais encore sous 42 degrés à l’ombre, donc au soleil, la température avoisinait les 55 degrés. J’avais déjà parcouru 90 kilomètres et j’avais hâte de trouver un endroit pour me mettre à l’ombre, me poser et faire étape. Enfin, une tente nomade en bord de route m’offrit l’hospitalité, thé, déjeuner et sieste, mais, malgré la fatigue en moi, je ne m’imaginais pas dormir ici. A 17H00, il faisait toujours 42 degrés mais je repris le vélo en espérant trouver un autre endroit pour passer la nuit. Les kilomètres défilaient doucement et je ne pouvais plus avancer, épuisé par les kilomètres parcourus mais surtout par cette chaleur qui m’avait complètement vidé. A 19H30 ; le soleil se couchait et je ne trouvais toujours pas un endroit où passer la nuit. Je ne m’imaginais pas non plus planter ma tente ici ou là, proche de la route car j’étais toujours entouré d’un désert de sable, donc je ne pouvais pas m’éloigner beaucoup de la route. Enfin, une autre tente nomade en vue ; Un vieillard et 2 hommes m’accueillent à leur campement. Mort de fatigue, je m’écroule sur la natte pendant une heure. Une voiture s’arrête au campement pour acheter du lait de chamelle. Parmi les personnes, un jeune, Brahim me donne ses coordonnées et m’offre l’hospitalité quand je serais à Nouakchott. Ensuite, on me sert un repas puis on me prépare une couverture où je dors à la belle étoile, accompagné des 3 autres hommes. Cette étape m’a complètement épuisée, et il me faudra plusieurs jours pour m’en remettre. J’aurais en tout cas été touché par l’accueil exceptionnel que m’ont réservé ces 2 familles nomades, et il est bien entendu or de question de donner de l’argent ; les photos laissées grâce à mon appareil photo polaroïd les rendrons bien plus heureux. L’accueil exceptionnel de Brahim et toute sa famille Arrivé à Nouakchott, j’ai donc contacté Brahim que j’avais rencontré quelques jours avant au camp nomade lors de ma fameuse étape de 116 km et qui m’offrait l’hospitalité. Quel accueil exceptionnel ! et quel contraste avec le confort que j’ai eu depuis de ces 15 derniers jours, surtout ces derniers jours. Le premier soir, j’appréciais énormément une vraie douche, ainsi qu’un excellent repas, copieux, car cela faisait plusieurs jours que je puisais dans mes ressources physiques et des moments de grand confort sont aussi parfois appréciables et permettent de regonfler les batteries. Brahim est un homme d’affaire sur Nouakchott ; son père est représentant de Mercedes-Benz à Nouakchott et son habitation est un vrai palace. Un moment de très appréciable dans le luxe. L’excellent méchoui de dromadaire La viande de dromadaire est excellente. Elle se mange sous différentes façons, avec du riz, ou tout simplement grillée avec sa graisse qui se trouve dans la bosse. Même si la viande passe des heures accrochée, dans la rue, à la poussière, à la pollution, sous le soleil et la chaleur, et aux mouches, … il n’en demeure pas moins que une fois grillée, elle est excellente. J'ai encore une multitudes d'autres moments inoubliables passés où j’ai été invité à mainte reprise à boire le thé, à manger et à dormir. Les Mauritaniens sont exceptionnellement accueillant. D’ailleurs, c’est un devoir qu’exige leur religion, aider et accueillir l’étranger quelqu’il soit. Je l’avait beaucoup ressenti au Maroc, et ici, en Mauritanie, peut-être encore plus… Merci infiniment à toute la Mauritanie. Seulement, suite au problème de décembre dernier survenu avec les touristes français tués, tous le pays a énormément souffert cette dernière saison du manque de tourisme. Bien entendu, ce sont les plus pauvres qui en ont souffert le plus, qui en souffre encore aujourd’hui et qui en souffrirons encore demain. Malgré tout, j’ai été très surpris de voir que leur réaction face à cette situation, très optimistes, ils le vivent très bien, et sont persuadés que la saison prochaine sera meilleure et que tout le pays retrouvera sa vie touristique normale, INCHA ALLAH. J’espère très sincèrement que ce pays va retrouver très rapidement sa vie touristique normale, le pays et ses habitants valent vraiment la peine d’être connus. |